Les aires protégées : un réseau en pleine expansion
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    Les aires protégées : un réseau en pleine expansion

    Représentant plus d’un tiers du territoire terrestre et maritime français, les aires protégées sont des espaces géographiques définis dont la priorité est le développement durable. Plus d’explications dans cet article.

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    14/06/2024De 3Bee, Fiorila Hell
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    Qu’est-ce qu’une aire protégée ?

    Les aires protégées sont des zones géographiques terrestres ou maritime, dont les contours sont dessinés à des fins de développement durable. Elles ont pour ambition d’offrir à la nature une chance de lutter contre la pollution, l’urbanisation, la fragmentation des milieux et d’autres activités anthropiques. En France, elles sont définies par le Code de l’Environnement. Leur objectif principal est de protéger autant le patrimoine naturel que culturel d’une zone définie. Cela implique la protection de la vie sauvage, du paysage, de la diversité génétique ou encore des écosystèmes et de leurs fonctions. Habituellement, ce sont les institutions gouvernementales nationales, régionales ou internationales qui désignent une aire et lui attribuent un statut. Dans certains cas, des communautés autochtones et des associations peuvent également désigner et gérer des aires protégées.

    aire protégée

    L’histoire des aires protégées

    L’initiative de ces aires protégées a émergé de la Convention internationale sur la diversité biologique (CDB) qui a eu lieu lors du « Sommet de la Terre » à Rio en 1992. À l’issu de la CDB, les 196 parties signataires se sont engagées à conserver, partager et utiliser durablement la diversité biologique. Depuis lors, de nombreux accords internationaux ont permis à ces aires de se concrétiser afin de protéger des zones naturelles en proie à l’érosion. C’est ensuite la CDB de 2021, à la COP15 en Chine, qui a fixé le cadre international en rapport aux aires protégées. L’Union Européenne (UE) a déployé en 2020 une Stratégie en faveur de la biodiversité de l’UE à l’horizon 2030. Celle-ci ambitionne de couvrir 30% de sa surface terrestre et 30% de sa surface marine par le statut d’aire protégée d’ici 2030. Elle exige également la mise sous protection stricte de 10% des terres et 10% des mers.

    Drapeaux
    XNatura

    Les aires protégées en France

    La diversité géographique de la France en fait un contexte environnemental bien spécifique. La France ayant de nombreux territoires outremer, elle est responsable de différentes zones aux climats et à la biodiversité bien variés. Son territoire s’étend des Caraïbes aux îles de l’océan Pacifique, en passant par l’océan Indien, sans oublier la France métropolitaine, située à l’intersection des climats européens, entre la mer du Nord et la Méditerranée. Ce carrefour géographique comporte 4 des 5 zones biogéographiques européennes (atlantique, continentale, alpine et méditerranéenne). Le ministère de la Transition écologique et le ministère de la Mer, en collaboration avec l’Office Français de la Biodiversité (OFB), publie en 2021 sa Stratégie Nationale pour les aires protégées 2030 (SNAP). Divisé en 7 objectifs clairs, calqués sur la stratégie européenne, ce plan d’action détaille les étapes à mettre en place afin de développer un réseau d’aires protégées cohérent et géré effica

    Carte de la France avec une tour Eiffel dessus

    La gestion des aires protégées

    Les différents types d’aires protégées varient en statut juridique, en gestion et en degré de protection. Il en existe une dizaine sous différentes catégories, par exemple les aires marines protégées, les parcs nationaux, les réserves naturelles, les sites Natura 2000, les sites Ramsar, les sites de l’UNESCO, etc. Ces sites sont gérés par des gestionnaires locaux et supervisés par l’OFB, le ministère de la Transition écologique, l’UE ou l’UNESCO, selon le statut du site. Bien que la réglementation diffère sous chaque nomenclature, les gestionnaires sont généralement responsables de la réglementation en vigueur sur la zone, de l’accueil des visiteurs et de l’encadrement, voire de l’interdiction, des activités humaines telles que la chasse, le camping ou la pêche. Chaque site est encadré par un plan de gestion, élaboré par les gestionnaires, détaillant les espèces et les habitats présents sur le site, les pressions qui les menacent, et des objectifs de surveillance et de gestion.

    un groupe de gens marchent dans une réserve naturelle
    XNatura

    Les réglementations et modalités juridiques

    Deux niveaux de protection sont attribués aux espaces, selon les enjeux du territoire (espèces menacées, écosystèmes fragiles, patrimoine culturel, etc.) : les aires protégées et les zones de protection fortes, dont le cadre réglementaire est plus strict. Dans la loi française, trois modalités juridiques permettent de protéger la nature. La première est la maîtrise foncière qui consiste à l’acquisition des terrains, particulièrement ceux menacés par l’urbanisation, afin d’en assurer la protection en encadrant, voire en interdisant les constructions urbaines. Deuxièmement, la protection réglementaire permet d’encadrer les activités humaines et de tempérer les dommages causés à la faune, la flore et aux écosystèmes. La troisième modalité juridique est la protection contractuelle qui délègue à un tiers les tâches de gestion de l’aire protégée. Les comités de gestion sont souvent constitués d’acteurs locaux comme des administrations locales ou des associations.

    statuette représentant la justice
    3Bee

    Une biodiversité à bout de souffle

    En 2024, l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) publie un rapport annonçant la disparition de 189 espèces en France depuis 2008. En 2024, le rapport affirme que 16,7% de la biodiversité française est menacée d’extinction. Les principales pressions qui menacent la biodiversité sont le changement climatique, l’activité humaine, les espèces envahissantes et les activités de prélèvement comme la chasse, la pêche et la cueillette. L’agriculture et l’urbanisation sont également responsables de la fragmentation des écosystèmes, ce qui explique souvent l’isolement quasiment insulaire des aires protégées. L’un des objectifs de la SNAP est la professionnalisation des gestionnaires de ces espaces afin qu’ils puissent répondre à ces menaces de façon adéquate, en collaboration avec des organismes scientifiques. Par exemple, l’aménagement de « corridors verts » permet de relier les aires protégées entre elles et favorise l’épanouissement de la biodiversité.

    Un bouc assis dans la montagne

    Les aires protégées face au changement climatique

    Le changement climatique est une des principales menaces qui pèsent sur la faune, la flore et leurs habitats. Les températures élevées et les épisodes météorologiques sévères, tels que les inondations et les sécheresses, détériorent les écosystèmes de façon dramatique. En réponse aux modifications de leurs habitats, certaines espèces adoptent des comportements d’adaptation parfois imprévisibles. Des espèces alpines, comme le lièvre alpin ou la marmotte, ont déplacé leurs territoires habituels à des altitudes plus élevées ces dernières années. Les aires protégées permettent une surveillance assidue de ces espèces. Des organismes comme le Muséum national d’Histoire naturelle ou les Conservatoires Botaniques Nationaux réalisent des inventaires de la biodiversité au sein des zones désignées. Grâce à cette surveillance, il est possible de comprendre et d’anticiper les comportements de la biodiversité face au changement climatique, et donc, de mieux la protéger.

    Deux marmottes sur un tronc d'arbre

    La menace des espèces invasives

    Alors que les espèces endémiques sont particulièrement vulnérables au changement climatique, les espèces exotiques, elles, peuvent au contraire bénéficier du réchauffement climatique et des modifications écosystémiques qui en découlent. Une étude du Programme mondial sur les espèces envahissante (GISP) a qualifié la combinaison de ces deux fléaux de « duo mortel » pour la biodiversité locale, indiquant une menace sérieuse. Bien qu’une aire protégée ne puisse pas empêcher l’arrivée d’une espèce invasive, le suivi méticuleux de la biodiversité dans ces zones permet de constater son apparition suffisamment tôt pour pouvoir agir à temps. En effet, certains champignons ont été responsables de modifications écosystémiques dramatiques ou de maladies chez les espèces endémiques. Le Batrachochytrium dendrobatidis, par exemple, est suspecté d’avoir contribué à une extinction massive d’amphibiens.

    Champignons et mousse

    Les activités de prélèvement

    La chasse et la pêche sont autorisées dans la plupart des aires protégées, sous certaines conditions. De nombreux questionnements subsistent sur la mise en place des régulations concernant l’encadrement des activités de prélèvement de la biodiversité. Depuis début 2024, des Aires marines protégées (AMP) de la mer Méditerranée expérimentent avec la délivrance obligatoire d’une autorisation de pêche et une obligation de déclarer ses captures. Même s’il est encore tôt pour affirmer l’efficacité de ces mesures, il s’agit d’un outil de régulation prometteur. La chasse est également autorisée dans la plupart des aires protégées, excepté sous condition d’un arrêté de protection du biotope, qui est temporaire et s’applique à une zone restreinte. Des associations de protection des animaux interpellent régulièrement les gouvernements à ce sujet, et dénoncent le manque de régulation de prélèvement dans ces zones qui devrait constituer un cadre sécurisant pour la faune et la flore.

    un homme pêche dans un lac

    Un bilan mitigé

    Les aires protégées sont, sur papier, une promesse de conservation écologique et de préservation de la biodiversité. Cependant, une fois mises en pratique, les règlementations restent floues et les résultats manquent de probité. Les listes rouges de l’UICN continuent de croître, et ce, malgré un réseau d’aires protégées en expansion. Des modalités juridiques existent afin d’imposer une règlementation plus stricte dans les zones désignées et ne demandent qu’à être développées. L’outil ayant l’impact le plus important sur la biodiversité dans ces zones, reste tout de même la surveillance de la faune, de la flore et des habitats. Cette surveillance permet d’alerter les organismes de conservation de la nature de façon précoce pour que ceux-ci interviennent en cas d’infestation d’une espèce invasive ou de diminution brutale d’une espèce. Lorsque ces situations se présentent, quelques mesures règlementaires et juridiques sont disponibles pour améliorer la préservation de la biodiversité.

    un pont en bois dans une aire protégée embrumée
    14/06/2024De 3Bee, Fiorila Hell
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